Qu'est-ce que le Breathwork?

Quelque part en chemin, nous avons oublié comment respirer.


Pas la respiration automatique. Le corps s'en occupe. Environ 20 000 fois par jour, sans demander la permission. Je parle de la respiration consciente. Celle où tu arrives vraiment dans ton souffle, tu le sens, tu l'utilises. Celle qui change quelque chose.


Je suis sur ce chemin depuis plus de 20 ans. Je suis devenu formateur en breathwork à la fin de 2018. Et pourtant, à chaque séance que j'anime, quelque chose me surprend encore. Pas ce qui se passe dans mon corps. Je connais bien ce territoire maintenant. Ce qui me surprend, c'est la rapidité avec laquelle les gens arrivent. La façon dont le souffle traverse le bruit. Le mental se calme. Le hamster fou ralentit. Et quelque chose, en dessous de tout ça, commence à parler.


C'est ça, le breathwork.

Plus qu'une simple respiration

Le breathwork est la pratique de la respiration consciente et intentionnelle pour influencer ton état physique, mental et émotionnel. Ce n'est pas nouveau. Les pratiques respiratoires font partie des traditions du yoga, des cérémonies indigènes et des cultures de guérison depuis des millénaires. Ce qui est nouveau, c'est la science qui rattrape ce que les praticiens ont toujours su: le souffle est l'un des outils les plus puissants auxquels nous avons accès.


Et contrairement à la plupart des outils de guérison, il ne coûte rien. Il est toujours avec toi.


Lors d'une séance de breathwork, tu t'assieds ou tu t'allonges, tu fermes les yeux et tu suis un schéma respiratoire guidé. Tu es là. Tu respires. Et tu permets à ce qui a besoin de bouger, de circuler et de se transmuter.


Certains pleurent. D'autres rien. D'autres sentent le corps vibrer d'une énergie qu'ils ne savaient pas présente. D'autres tombent simplement dans le repos le plus profond qu'ils aient connu depuis des années. Chaque séance est différente. L'expérience de chaque personne lui appartient.

Breathwork et Pranayama: deux portes différentes

Il est important de distinguer deux choses que l'on confond souvent.


Le pranayama vient de la tradition du yoga. Une approche contrôlée, mesurée, chronométrée. Des respirations comptées, des rétentions, des schémas précis. Une science développée depuis des millénaires.

Le breathwork tel qu'on le pratique aujourd'hui vient d'une autre lignée. Dans les années 60 et 70, Stanislav Grof, psychiatre et chercheur, travaillait avec le LSD pour explorer les états de conscience modifiés. Lorsque le LSD a été rendu illégal, il a cherché un moyen naturel d'accéder à ces mêmes états. C'est ainsi qu'est née la respiration holotropique. Et avec elle, toute une famille de pratiques: le rebirthing, le breathwork transformationnel, et d'autres encore.


Là où le pranayama est précis et maîtrisé, le breathwork est organique, libre, sauvage. Le corps mène. Le souffle ouvre.


Certaines pratiques du yoga, la bastrika et le kapalabhati entre autres, lorsqu'elles sont soutenues sur une longue durée, peuvent atteindre des états similaires à ceux du breathwork ou du yoga kundalini. Mais l'approche est fondamentalement différente.


Deux portes différentes. Qui mènent à des espaces différents.

Ce qui se passe dans ton corps

Le souffle est la seule fonction de notre corps qui est à la fois automatique et consciente. Nous respirons sans y penser, mais nous pouvons aussi choisir de respirer différemment. Et quand nous le faisons, nous parlons directement au système nerveux.


Quand le corps est en état de stress, respiration superficielle, poitrine serrée, un esprit qui ne s'arrête pas, le souffle essaie déjà de te dire quelque chose. Ralentis. Approfondis. Donne au système nerveux un signal différent. Et il écoute.


Une respiration plus lente et plus profonde active le système nerveux parasympathique. L'état de repos. Le rythme cardiaque ralentit. Les muscles relâchent leur emprise. L'esprit suit.


Des schémas respiratoires plus rythmés et connectés augmentent le flux d'oxygène vers le cerveau et le corps, créent des états de conscience modifiés, et permettent au corps de libérer ce qu'il retenait. Non pas par la pensée ou la parole. Par le corps lui-même.


C'est ce que je trouve le plus extraordinaire dans le souffle. Il contourne l'esprit. Il va directement à la source.

Ce qui change avec une pratique régulière

J'entends les mêmes choses des personnes qui pratiquent le breathwork régulièrement. Non pas parce que je leur dis quoi attendre. Je le fais rarement. Parce que le souffle semble se diriger vers ce dont le corps a le plus besoin.


Ils dorment mieux. Le genre de sommeil où on se réveille vraiment reposé.


Ils portent moins. Moins de tension dans les épaules, la mâchoire, la poitrine. Moins de ce poids sans nom qui te suit tout au long de la semaine.


Ils se sentent plus présents. Dans leur corps, dans leurs relations, dans leur journée. Non pas parce qu'ils ont essayé plus fort, mais parce que quelque chose s'est libéré.


Ils respirent plus. Même en dehors des séances, ils remarquent leur souffle. Ils l'utilisent. Il devient un outil qu'ils ont toujours à disposition.


C'est ce qu'une pratique régulière de breathwork peut offrir. Pas une solution rapide. Un changement progressif, profond, réel.

Comment j'ai découvert le breathwork

Je ne suis pas venu au breathwork par un livre ou une formation.


Je suis venu à lui au Bali Spirit Festival, en 2015.


À cette époque, je pratiquais le yoga depuis longtemps. Mais je sentais que quelque chose manquait. Je voyais beaucoup de gens dans la pratique du yoga qui semblaient coincés, portant encore leurs traumatismes, leurs tensions, leurs émotions non résolues. Le yoga aidait, mais quelque chose restait intouché.


C'est là que j'ai entendu les sons.


Des cris. Des pleurs. Des rires. Des sons que je n'avais jamais entendus dans un espace de pratique. Je me suis approché d'une tente. À l'intérieur, Antonio de Alchemy of Breath guidait deux cents personnes avec des musiciens en live: didgeridoo, tambours. Les gens tremblaient, s'ouvraient, se libéraient. Je n'avais jamais rien vu de tel. Et j'ai su immédiatement que c'était ce que j'attendais.


Le lendemain, j'ai suivi un cours de Giten, fondateur de la BBTRS. Je me suis assis au premier rang. Mon mental et ma fierté me disaient que je ne ressentirai rien.


Je me suis retrouvé à pleurer. Douleur, tristesse et joie en même temps. Sentir mon corps comme je ne l'avais jamais senti auparavant. Une connexion profonde avec la vie. C'était de la pure magie.  Ça me rappelait les cérémonies puissantes avec l’ayahuasca.  


Juste après le festival, j'ai suivi le cours Breath of Bliss avec Crystabel. Puis j'ai commencé une formation intensive de deux ans avec Giten. À la fin de 2018, je suis devenu formateur en breathwork et j'ai rejoint l'institut BBTRS.


Le souffle avait trouvé son chemin jusqu'à moi. Et depuis, je le transmets.

Vivre le breathwork pour la première fois

Chaque mois, je propose un cours de breathwork en ligne gratuit. Ouvert à tous ceux qui sont curieux, que tu n'aies jamais essayé le breathwork auparavant ou que tu aies une pratique que tu veux approfondir.


Aucune expérience nécessaire. Pas d'équipement spécial. Juste toi, ton souffle, et une heure.


Si quelque chose dans ces mots t'a touché, je t'invite à nous rejoindre.


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Daniel Anner est un praticien de yoga, breathwork et travail corporel basé à Genève, en Suisse. Il pratique et enseigne le yoga depuis plus de 20 ans et est devenu formateur certifié en breathwork à la fin de 2018.